Historique de l’ostéopathie

« Il existe une chose plus puissante que toutes les armées du monde, c’est une idée dont l’heure est venue. » Victor Hugo.

L’origine de la pratique des manipulations vertébrales est très imprécise. Il y a tout lieu de supposer qu’elle fut contemporaine des premiers hommes, car toujours et partout dans l’histoire de l’humanité on retrouve la mention de rebouteux remettant en place les os ou les nerfs. Il n’est donc pas difficile d’imaginer qu’au cours de ces séances, il leur soit arrivé de faire des manipulations vertébrales.

Les écrits les plus anciens à mentionner un tel sujet sont ceux d’Hippocrate (dans le chapitre Periarthron — des articulations), ceux d’un médecin de l’Antiquité, Galien, dont les écrits feront autorité jusqu’au 18e siècle, ceux du sophiste Pausanias, originaire de la Syrie et qui a vécu à Rome, ainsi que ceux d’Ambroise Paré, chirurgien français de la Renaissance, qui a consacré le 16e chapitre de son traité aux luxations. Et au 19e siècle, l’un des grands chirurgiens anglais de l’époque, Sir James Paget, invitait ses confrères à s’intéresser aux faits et gestes des rebouteux.

L’ostéopathie est un art thérapeutique qui a été élaboré par Andrew Taylor Still, un médecin américain qui a vécu à Kirksville au Missouri. En 1874, après dix années de recherches et de travail clinique, le docteur Still commençait sa nouvelle pratique en ostéopathie. Pratique reçue tièdement par ses collègues médecins, mais appréciée par ses patients et les citoyens de Kirksville. Sa réputation et sa nouvelle médecine gagnèrent rapidement en popularité dans toute la région. C’est à la fin des années 1880 que Dr Still ouvrit son école.

L’ostéopathie est définie comme un système diagnostique et thérapeutique complet, basé sur l’interrelation de l’anatomie et de la physiologie, pour l’étude, la prévention et le traitement de la maladie. L’ostéopathie conçoit l’organisme humain comme un tout, une mécanique en relation avec son milieu liquidien interne aussi bien qu’avec son environnement externe. L’ostéopathie suggère que l’organisme, alimenté sainement, fonctionne de façon à se maintenir, à se réparer et à se guérir du mieux possible quand sa structure et sa physiologie sont en bon ordre.

En 1892, Dr Still fut épaulé par un jeune médecin diplômé de l’université d’Édimbourg, le docteur William Smith, qui avait été très emballé en voyant les résultats de cette nouvelle méthode de traitement. Ensemble, à la fin de 1896, ils profitèrent d’un changement de local pour étoffer leur programme en y incluant la physiologie, la chirurgie, l’obstétrique et, plus tard, l’histologie, la chimie, les analyses d’urine, la toxicologie, la pathologie et la symptomatologie. En 1897, le diplôme de Doctor of Osteopathy D.O. était officiellement reconnu. Ici au Canada, seule la partie ostéopathie est enseignée.

Le structurel, le viscéral et le crânien

L’ostéopathie se divise en trois parties : le structurel, le viscéral et le crânien.

Le structurel

Le structurel est l’observation de la posture et du mouvement du corps, c’est une analyse des muscles, ligaments, tendons et os. Les techniques de mobilisation utilisées visent à rétablir l’équilibre non seulement de la région problématique, mais aussi de l’ensemble du corps. C’est la circulation entre le signal électrique qui parcourt le nerf, le mouvement sanguin, le système lymphatique et le mouvement respiratoire primaire qui assure la santé des tissus mous du corps. C’est dans cette approche que réside la santé à long terme.

Le viscéral

L’être humain est un tout : un ensemble d’os, de muscles et d’articulations lui permettant de se déplacer. Les viscères, quant à eux, garantissent le fonctionnement de cet ensemble tout au long de sa vie. Les cavités abdominales, pelviennes, thoraciques et crâniennes contiennent des ensembles de viscères mobiles. Quand le corps est atteint d’une pathologie, les viscères deviennent fixes. Ils perdent leur mobilité dans la cavité à laquelle ils appartiennent et se soumettent à une autre structure. Si le corps n’arrive pas à s’adapter à cette nouvelle situation, il développera un trouble fonctionnel qui à son tour, si l’adaptation est inadéquate, entraînera un trouble structurel.

Le rôle de l’ostéopathe consiste à mettre en évidence la fixation viscérale, car une perte de mobilité entraîne une perte de motilité. Chaque organe a sa propre mobilité par rapport à l’axe du mouvement, espace qui lui est alloué pour sa mobilité. Le but de l’ostéopathie est de redonner à l’organe une mobilité continue pour qu’il reprenne son fonctionnement maximal.

Le crânien (crâniothérapie)

La crâniothérapie a été développée en 1932 par un ostéopathe du nom de William Garner Sutherland. Toujours avec les principes ostéopathiques, les techniques crâniennes consistent à mobiliser les os du crâne ainsi que ceux du visage. En médecine ayurvédique (yoga), nous travaillons avec les chakras, en médecine chinoise avec le qi et en ostéopathie avec le mouvement respiratoire primaire (MRP), tous des termes différents pour désigner le même mouvement énergétique.

Le MRP est à son plus fort au niveau crânien, mais il est facilement perceptible sur tout le corps. L’encéphale, le cervelet, le bulbe rachidien, la moelle épinière et toutes les ramifications nerveuses qui quittent la moelle épinière forment un ensemble. C’est dans la circulation du liquide céphalo-rachidien que le MRP est plus facilement palpable et manipulable. C’est là que la correction se produit. Selon le docteur John E. Upledger, le liquide céphalo-rachidien agit comme une pompe, un système hydraulique. C’est en mobilisant ce système que l’on corrige le mouvement respiratoire primaire ainsi que les malaises corporels.

Les techniques crâniennes consistent à placer les mains au niveau des os de la voûte crânienne ou sur le visage, et parfois même dans la bouche. Le toucher est léger, d’une pression d’à peine une à deux onces. C’est probablement l’une des techniques les plus relaxantes et plaisantes. De nombreux patients se sentent très détendus et reposés après une séance.

« Quand vous changez le regard que vous portez sur les choses, les choses que vous regardez changent! » Dr Wayne W. Dyer.

qtq80-F2viqQ